Des listes citoyennes m’interpellent sur les questions du financement de la campagne et des erreurs à ne pas commettre pour les prochaines élections municipales...
Je rappelle que je ne suis pas juriste. Pour autant, voici quelques infos et commentaires qui vous seront peut-être utiles. En complément des pages 37 et suivantes de mon « Guide pratique pour oser… »
Comment financer la campagne ?
DEPENSES
Rappelons d’abord qu’il y a deux types de dépenses :
RECETTES
Recettes possibles, mais par pour tout le monde !
L’ÉTAT
L’Etat rembourse (ou paie directement les fournisseurs) les dépenses de propagande officielle ou R39 (bulletins de vote, affiches, profession de foi) aux communes de plus de 1000 habitants, à condition qu’elles respectent certaines conditions de mise en oeuvre (voir mémento du candidat)
A condition également que la liste ait obtenu plus de 5 % des suffrages au premier tour
Pour les communes de plus de 9000 habitants exclusivement, remboursement par l’Etat d’une partie des dépenses de campagne. Jusqu’à 47,5% de la somme maximale autorisée (en fonction de la taille de la commune) si la liste a obtenu plus de 5 % des suffrages au premier tour
L’État ne rembourse rien pour les communes de moins de 1000 habitants
LE MANDATAIRE
Il est obligatoire pour les communes de plus de 9000 habitants.
Son rôle : ouvrir un « compte de campagne » (qui sera contrôlé* et ce n’est pas une formalité !), encaisser les recettes sur le « compte bancaire du mandataire » (ouvert spécialement pour l’occasion), payer les dépenses de la liste, délivrer les reçus fiscaux aux donateurs.
Le mandataire peut être une personne physique. Il est choisie par la tête de liste et déclaré en Préfecture. Il ne peut pas faire partie de la liste de candidats (même en dernière position !)
Le mandataire peut être une « association de financement électorale » (deux personnes au minimum ne faisant pas partie de la liste), déclarée à la Préfecture avec l’accord écrit de la tête de liste. Attention, cette association ne pourra fonctionner (et ouvrir un compte bancaire) qu’après parution au Journal Officiel, ce qui peut demander un mois.
Même s’il n’est pas obligatoire pour les communes de moins de 9000 habitants, il est fortement recommandé d’avoir un trésorier de campagne qui tient scrupuleusement les comptes, conservent tous les justificatifs de dépenses et gère le compte bancaire ouvert spécifiquement : en cas de contestation de l’élection, tout cela sera indispensable.
PROBLÈMES SPÉCIFIQUES AUX LISTES CITOYENNES
des communes de +9000 habitants
La plupart des listes citoyennes souhaitent identifier la tête de liste en fin de parcours ou du moins après un certain nombre de mois de vie du collectif. Alors, comment celui-ci peut-il fonctionner pendant ce temps-là sans compte bancaire et sans mandataire puisque ce dernier doit être désigné par la tête de liste et le compte bancaire doit être ouvert par le mandataire officiel ?
Répétons-le, toutes ces difficultés concernent les listes des communes de plus de 9000 habitants. Les autres listes devront bien sûr respecter les règles administratives (papier recyclé etc.) et celles des communes de plus de 1000 habitants pourront espérer un remboursement des dépenses d’impression des bulletins de vote, des circulaires, des affiches de la propagande officielle si elles obtiennent 5% des suffrages.
Et respecter plein d’autres règles définies dans le mémento du candidat pour ne pas faire annuler l’élection en cas de contestation, ce qui n’arrive pas qu’aux autres…
Pour en savoir plus, je vous suggère de lire le fascicule de EELV (qui ne m’a pas chargé d’en faire la publicité !) que je trouve particulièrement réussi, synthétique et facile à comprendre (une rareté sur ce sujet !) à télécharger
*Les contrôles sont effectués par la CNCCFP la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques - Voir guide du candidat et du mandataire édition 2019 CNCCFP à télécharger
